Recherche

1. Thématiques de recherche

Trois axes principaux de recherche

1.1. Constitution d’un corpus de français parlé

Avec Sonia Branca, Serge Fleury et Mat Pirès (cf. projet Parilogues)

Depuis 2006, à l’initiative de Sonia Branca, et avec F. Lefeuvre et M. Pirès, se constitue le corpus de français parlé parisien des années 2000. Cette collecte de corpus est centrée sur le français parlé en situation d’interview, afin de mesurer la variation sociale et individuelle dans un type de tâches et afin de pouvoir constituer de longs enregistrements (1h-1h30) qui permettont aux chercheurs de travailler sur la syntaxe du français parlé.

Dans le projet ANR Parilogues, déposé en janvier 2010, seront ajoutées au moins 75 interviews longues au corpus CFPP2000 de façon à atteindre des critères de représentativité suffisants. En outre, alors que le premier échantillon était centré sur des Parisiens natifs, le deuxième échantillon comprendra des interviews de locuteurs référents arrivés adultes à Paris et y demeurant depuis leur arrivée. On se rapprochera ainsi des caractéristiques sociologiques de la population parisienne. 

Deux types d’interviews seront rassemblés dans Parilogues. Premièrement, plusieurs personnes discutent avec l’interviewer au sein de “plurilogues”, ce qui favorise l’adoption d’un registre relativement spontané, en particulier lorsque les participants expriment des désaccords. Deuxièmement, l’enquêté et l’enquêteur se retrouvent en face à face dans des dialogues qui suscitent des prises de parole plus longues de l’enquêté, alors que l’enquêteur se contente de marquer son approbation (mm, oui, etc.) sans l’interrompre véritablement. Ces dialogues comportent peu de chevauchements, ce qui facilitera le travail des spécialistes de prosodie.

1.2. Segmentation du discours en unités syntaxiques

Dans le cadre du groupe de recherche que j’anime (Lattice), dans celui de Rhapsodie et dans celui que j’animerai au sein du projet Parilogues, si ce projet est retenu.

1) De quelles unités syntaxiques se compose le discours oral ? Notre objectif est de poursuivre la recherche de critères de segmentation du discours, en particulier du discours oral, telle qu’elle a été entreprise dans le cadre du groupe de recherches de l’UMR Lattice que j’anime et, pour l’oral, de l'ANR Rhapsodie, projet auquel je participe ainsi que dans le cadre du groupe de Parilogues, si le projet est retenu.

Dans le cadre de Parilogues, je serai coresponsable des recherches effectuées sur les approches intonosyntaxiques qui concernent les discours autres, parenthèses, greffes. Plus précisément, je continuerais à m’intéresser aux marqueurs d’ouverture ou de clôture des unités syntaxiques à l’oral. L’objectif est de montrer que les unités syntaxiques "noyaux" sont délimitées régulièrement par des « marqueurs discursifs » (Dostie, Pusch 2007) tels que bon et quoi. Certains de ces marqueurs délimitent ces unités syntaxiques sur leur gauche (bon) :

spk2 : […] j'suis j'suis dans un quartier très calme dans un quartier très bien bon y a l'Champ-de-Mars à côté mais on est assez éloignés du Champ-de-Mars pour pas avoir de perturbation ou autre chose + y a jamais d'manifestation

jamais d'bruit (Lucie Da Sylva 7e)

alors que d’autres les délimitent sur leur droite (quoi) :

(1) Spk 1 les autres quartiers on les zappe un peu quoi

Spk 2 et et vous pouviez euh + + essayer (André Morange, Montreuil)

Ces marqueurs ont déjà été étudiés d’un point de vue sémantique (Jayez 2004 pour bon, Lefeuvre 2006 pour quoi) ou interactionnel (Brémond 2002 pour bon). Je développerai une approche syntaxique telle qu'elle a été initiée par Teston-Bonnard 2006 ou Lefeuvre et alii 2010 afin d'établir une typologie, tout en prenant en compte les caractéristiques prosodiques des marqueurs dans le prolongement des travaux de Morel et Danon-Boileau (1998), en interrogeant notamment les phénomènes d’intensité tels que ceux qui ont été relevés pour d'autres marqueurs, comme alors (cf. Candea et Lefeuvre 2004).

2) Cette segmentation du discours oral est mise en perspective par rapport à la segmentation d’autres types de discours, notamment ceux qui appartiennent à l’oral fictif, présent dans les textes littéraires : pièce de théâtre, dialogues romanesques. Les marqueurs discursifs présents à l’oral fictif sont autant de traces de l’oral spontané mais ils n’y ont pas la même valeur syntaxique. Par exemple, bon, présent dans certaines pièces de théâtre, se trouve rarement à l’articulation de deux unités syntaxiques mais initie essentiellement les répliques des interlocuteurs. 

Nous suivrons une segmentation tridimensionnelle du discours : topologique (sur le plan de la  macrosyntaxe), fonctionnelle et catégorielle sur le plan de la microsyntaxe).

3) Un type d’unités syntaxiques retient mon attention, celle des unités syntaxiques averbales pour lesquelles j’ai élaboré un cadre syntaxique et qui ont été étudiées dans différents types de discours : oral, presse, littérature (cf. Lefeuvre 1999).

En particulier, je m’intéresse aux unités qui à l’oral ou à l’écrit se rajoutent après coup, d’où leur appellation régulière d’« ajouts » (Combettes). D’où une conférence (sur invitation) prévue au colloque sur les hyperbates en juin 2010 (à l’ENS, organisée par Paillet). Une des questions est de savoir dans quelles conditions ces unités peuvent constituer un noyau ou bien si elles ne forment que des postnoyaux (//postfixes). La difficulté de cette question est accrue dans un corpus oral. Quels indices permettent de repérer ces segments averbaux prononcés après coup (changement de tour de parole ?, critères syntaxiques ?) et quels indices permettent de les considérer comme des postnoyaux ou au contraire comme de nouveaux noyaux ?

spk1 : j'avais de lourdes valises […] jamais une tête blonde ne m'a proposé de l'aide mais en revanche il est arrivé une ou deux fois que des maghrébins me demandent "est-ce que je peux vous aider ?" c'est un détail 


spk3 : non non mais oui 


spk1: comme si on était pas totalement transparent  (CFPP2000,  Killian Bellany)

 

1.3. Mots en qu-

1) Recherches sur la fréquence de certaines structures syntaxiques comportant un mot en qu-

— spécifiques à l’oral ou vues comme spécifiques de l’oral :

interrogatives en quoi / qu’est-ce que (cf. Lefeuvre et Rosen 2003, Lefeuvre 2006) ; quoi ponctuant (Lefeuvre 2006), comme quoi P (cf. Lefeuvre 2003).

— dans d’autres types de discours : comment dans le corpus Frantext, quoi à l’oral, dans un corpus de presse et dans Frantext

2) Réflexion sur les mots en qu- du point de vue référentiel, sémantique et syntaxique : quoi (Lefeuvre 2006), quoi que ce soit (Lefeuvre, à paraître dans Langue française), comment (Lefeuvre 2009)

2. Encadrement et animation recherche

2.1. Animation de groupes de recherche

1) Au sein de l’UMR Lattice, animation d’un groupe de recherches depuis 2002 sur la phrase averbale (2002-2005) puis sur la prédication averbale (première et seconde) (2006-2009) et enfin sur les unités syntaxiques (averbales et verbales) dans différents types de discours (2010-2013) : littérature, presse, oral. 

1 journée d’études et 1 colloque avec actes, 3 numéros de revue.

2) Dans le projet Parilogues soumis en janvier 2010 par S. Branca, je suis coresponsable des recherches effectuées sur les approches intonosyntaxiques qui concernent les discours autres, parenthèses, greffes, ainsi que l’approche sur laquelle je m’investis particulièrement, à savoir les marqueurs d’ouverture ou de clôture des unités syntaxiques à l’oral.

1 colloque en prévision en 2011 sur les marqueurs du discours, avec M.-A. Morel et S. Teston-Bonnard, projet soumis à la Bibliothèque de Faits de Langue.

2.2. Direction de thèses et autres travaux

2.2.1.Direction de thèses

1) Analyse du discours oral

— Vu Thi Hieu (2009-) Les énoncés averbaux résomptifs (interviews à l’oral vs dans la presse)

— Benmoftah Najah (2009-) Les propositions subordonnées en position de suffixe à l'oral : étude contrastive entre la langue française et la langue arabe classique

— Benhedid Karima (2008-) Le marqueur discursif « donc » à l’oral

— Sabine Tinchant (2007-) Codirection avec Mme Llabador Breton, professeur à Bordeaux 3, Approche contrastive et aspects transculturels  de la communication multimodale en français et en espagnol

2)  Subordination - interrogation

— Marwa Omar / Benshenshin (2008-) L’ordre des mots en qu- dans les interrogatives en oral spontané vs oral fictif issu des dialogues romanesques

— Lafhej Imen (2006-) Les subordonnées relatives dans un corpus de presse écrite vs presse orale, approche contrastive franco-arabe (en co-direction avec G. Rebuschi)

2.2.2. Direction en Master 2 / DEA

 

— Yan Li (2009-2010) « Les relatives en position de suffixe dans un corpus de français oral »

— Hieu Vu Thi (2008-2009) « Les énoncés averbaux résomptifs en position prospective dans un corpus de presse écrite »

— Yulia Stupalova  (2007-2008) : « L’énoncé averbal en fin de paragraphe » dans un corpus du Monde

— Noalig Tanguy (2003-2004) : « La phrase à l’infinitif » (DEA, en collaboration avec Mickaël Rinn)

3. Valorisation de la recherche

En préparation : 10 énigmes du français, ouvrage de vulgarisation mettant en lumière quelques points grammaticaux étranges, pouvant susciter l’intérêt d’un plus large public que celui de la recherche proprement dit.

4. Rayonnement scientifique

4.1. Echanges internationaux[1]

1) Deux numéros de revue dirigés internationalement : en 2008, un avec Michel Pierrard (Belgique), le numéro de Langue française sur les proformes indéfinies et, en 2010, un avec Eva Havu (Finlande) un numéro sur les énoncés averbaux autonomes en discours (revue électronique Discours)

2) Articles écrits avec un partenaire international : C. Rossari (Suisse) en 2006 et 2008, E. Havu (Finlande) en 2010 et S. Gecseg (Hongrie) en 2010

3) Journées ou colloques internationaux (cf. cette rubrique)

4) Projets de recherche internationaux (cf. cette rubrique)

5) Membre de la plateforme GRAMM-R (Université Libre de Bruxelles, Vrije Universiteit Bryssel)

6) Invitée comme conférencière à l’étranger 

— « La structure en quoi que P », invitée par M. Demirkan au colloque “La langue, la Littérature et la Stylistique” organisé, à l’Université de Marmara (Turquie) Juin 2005

— « Quoi : une variable »      invitée par M. Pierrard, dans le cadre de Gramm-R, à l’Université de Bruxelles (Vrije Universiteit Brussel) (Belgique) Février 2005 

— « La question en quoi » invitée par C. Rossari au colloque « Les Etats de la question », à

l’Université de Fribourg (Suisse) Mai 2003

— « La Construction interactive de la norme en contexte scolaire » (avec Evelyne Rosen de

l’Université de Lille 3), invitée au colloque “La norme linguistique : Théorie - pratique - médias – enseignement”, organisé par D. Osthus, C. Polzin-Haumann, C. Schmitt, à l’Université de Bonn (Allemagne) décembre 2002

7) Elaboration d’un projet IEA (d’intérêt et d’étude avancés) avec deux partenaires internationaux : M. Pierrard (Belgique) et E. Havu (Finlande) (2010)

4.2. Expertise

Participation à des comités scientifiques :

- en mars 2011 
colloque « (Des-)organisation de l'oral ? » (université de Rennes)

- en 2008, membre du comité scientifique du colloque animé par M. Krazem (structures syntaxiques spécifiques au théâtre).

Diverses expertises d’articles :

— en décembre 2009 pour les Mélanges offerts à Vandeloise (à paraître dans la revue Corela)

— en avril 2008 pour les Cahiers Chronos, suite au symposium AFLS de 2007 à Boulogne (Carl Vetters) 

— en novembre 2007 pour les actes du colloque « Identité et processus d'identification » (Université François-Rabelais de Tours)

— expertises régulières (1 à 2 fois par an) pour les Varia de Corela (revue électronique du Cerlico, resp. éditorial G. Col)

4.3. Responsabilités éditoriales

Membre du comité de lecture des Presses universitaires de la Sorbonne Nouvelle depuis 2006

Membre du comité de lecture de la collection « Rivages linguistiques », aux Presses Universitaires de Rennes, depuis 2004

[http://www.uhb.fr/pur/collections/Col67.html->http://www.uhb.fr/pur/collections/Col67.html]

 

Membre du comité éditoriale de la revue électronique « Discours » dirigée par Denis Vigier et Laure Sarda

4.4. Participation à des jurys de thèse

— Noalig Tanguy « Les segments averbaux : unités syntaxiques de l’oral », doctorat soutenu sous la direction de Pierre Le Goffic (Paris 3) (décembre 2009)

— Elgar-Paul Magro « Décondensation et marques de formulations dans l’oral spontané (Morphosyntaxe, intonation, regard et geste) », doctorat soutenu sous la direction de Mary-Annick Morel (Paris 3) (décembre 2008)

4.5. Projets de recherche

1) 2010 “Parilogues” : projet dirigé par Sonia Branca soumis à l’ANR en janvier 2010. Coresponsable de la tâche 8 analyses syntaxiques et intonosyntaxiques

2) 2008-2012  Projet de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) Corpus Prosodique de Référence en Français Parlé (Rhapsodie). Responsable : Anne Lacheret.

Participation à partir de fin 2008.

3) 2009-2011 Projet international Tournesol dirigé par B. Fagard : “L'émergence des particules discursives en français : analyse en diachronie et synchronie”

4) 2007-2008 Projet international Balaton dirigé par M.-J. Gouesse “analyse contrastive sur la prédication entre français et hongrois”

Rencontre à Budapest de S. Gecseg en novembre 2007

5) 2006 – 2009 : “Discours sur la ville”, projet de la Ville de Paris dirigé par Sonia Branca

Constitution de la première vague du Corpus du français parlé parisien

6) 2002-2004 “Synta-que”

Projet ILF dirigé par Pierre Le Goffic (Lattice)

Objectif : réalisation d'un corpus étiqueté pour les mots en qu-.

4.6. Responsabilités au sein de laboratoires de recherches ou d'associations dévolues à la recherche

4.6.1. Laboratoire Lattice (UMR 8094)

Membre du bureau depuis 2006

4.6.2. Association de linguistique : CerliCO

Membre de l'association de linguistique CerliCO, Cercle de linguistique du Centre et de l'Ouest, regroupant les Universités de Bordeaux, Brest, Caen, La Rochelle, Le Mans, Limoges, Nantes, Poitiers, Rennes, Tours.

Membre du bureau :

Trésorière 2002-2006

Trésorière adjointe 2006 -

4.6.3. Membre de la plateforme GRAMM-R, Université Libre de Bruxelles, Vrije Universiteit Bryssel)

4.6.4. Membre de la Société linguistique de Paris



[1] Pour les projets pédagogiques internationaux, voir plus bas à “activités pédagogiques”.